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Appât du gain Leboncoin, comment aller voir ailleurs ?

Depuis quelques années, Leboncoin ne cesse d'ajouter et d'augmenter la tarification sur de nombreux services. Aujourd'hui il existe des alternatives mais quelles sont-elles ?

Armand Moss

10/6/20266 min read

Leboncoin : quand l’appât du gain prend le dessus, il est peut-être temps d’aller voir ailleurs...

Pendant longtemps, Leboncoin était presque devenu un réflexe français : on avait quelque chose à vendre ? On le mettait sur Leboncoin.

Une voiture, un meuble, un téléphone, une console, un bijou, un appareil électroménager… La plateforme avait réussi quelque chose de rare : devenir un véritable réflexe du quotidien.

Mais les temps changent.

Et aujourd'hui, une question se pose :

Pourquoi continuer à faire de Leboncoin notre plateforme de référence lorsque de nombreuses alternatives existent et que son modèle économique évolue toujours davantage vers la monétisation de ses utilisateurs ?

De la petite annonce à la machine à rentabiliser

Il faut d'abord comprendre à qui appartient aujourd'hui l'écosystème Leboncoin.

Leboncoin fait partie d'Adevinta, le groupe international de petites annonces qui possède également plusieurs plateformes à travers le monde.

En 2024, Adevinta a été racheté par un consortium d'investisseurs emmené notamment par Blackstone et Permira, aux côtés de General Atlantic et TCV. La transaction valorisait Adevinta à plusieurs milliards d'euros.

Et Blackstone n'est pas un petit fonds d'investissement parmi d'autres.

Le groupe revendique aujourd'hui plus de 1 300 milliards de dollars d'actifs sous gestion et se présente comme le premier gestionnaire mondial d'actifs alternatifs. Son activité consiste notamment à investir dans des entreprises, à les développer et à créer de la valeur pour ses investisseurs.

Soyons clairs : cela n'est ni illégal, ni exceptionnel, ni nécessairement mauvais en soi.

Mais cela change la nature de la question.

Une plateforme comme Leboncoin n'est plus seulement un outil permettant à deux particuliers de se rencontrer.

C'est aussi un actif détenu par des investisseurs qui ont, par définition, intérêt à ce que cet actif soit toujours plus rentable.

Et c'est précisément là que le bât blesse.

Jusqu'où peut-on monétiser les petites annonces ?

Leboncoin reste gratuit dans de nombreuses situations pour les particuliers.

Mais « gratuit » ne signifie plus nécessairement « sans possibilité de payer ».

Les conditions actuelles de Leboncoin prévoient notamment des frais d'insertion dans certaines catégories ou au-delà de certains seuils, ainsi qu'une multitude d'options payantes destinées à améliorer la visibilité des annonces. Le Pack Top Visibilité peut par exemple atteindre 79,90 € ou 89,90 € TTC selon les conditions applicables.

Le principe est simple : vous voulez davantage de visibilité ? Payez. Votre annonce descend dans les résultats ? Payez pour la faire remonter. Vous voulez mettre davantage d'annonces ? Selon la catégorie et les seuils applicables, cela peut devenir payant.

Encore une fois, une entreprise a parfaitement le droit de facturer ses services.

Mais le consommateur, lui, a également parfaitement le droit de se demander : « Et si j'allais simplement voir ailleurs ? »

Et c'est justement ce que nous conseillons.

Pas nécessairement de supprimer votre compte Leboncoin. Pas nécessairement de ne plus jamais utiliser la plateforme.

Mais de ne plus considérer Leboncoin comme un passage obligatoire.

Car aujourd'hui, les alternatives se multiplient.

Et certaines sont même devenues extrêmement compétitives.

Vinted : la seconde main ne s'arrête plus aux vêtements

Vinted a longtemps été synonyme de vêtements d'occasion. Ce n'est plus vraiment le cas. La plateforme s'est progressivement développée vers de nombreuses catégories : maison, livres, électronique, sport, loisirs, collections, accessoires et bien d'autres produits de seconde main.

Le phénomène est intéressant. Vinted est parti d'un marché très spécialisé avant de devenir progressivement un acteur beaucoup plus généraliste de la seconde main.

Pour vendre un objet du quotidien, il peut donc être intéressant de regarder Vinted avant de se tourner automatiquement vers Leboncoin.

Et plus Vinted élargit ses catégories, plus cette concurrence devient sérieuse. C'est peut-être même le futur acteur dominant sur le marché de l'occasion toute catégorie. 

Une voiture ? Pourquoi pas LaCentrale.

Pour vendre une voiture, il existe depuis longtemps une alternative évidente : La Centrale.

Contrairement à Leboncoin, La Centrale est spécialisée dans l'automobile.

Et pour un particulier qui souhaite vendre son véhicule, la plateforme propose actuellement le dépôt d'annonces gratuitement dans les conditions prévues pour les particuliers.

Pourquoi alors publier uniquement sur une plateforme généraliste ?

Lorsqu'un site est spécialisé dans votre produit, son audience est naturellement constituée de personnes venues chercher ce produit.

C'est exactement le principe de la spécialisation.

Une maison ? Pensez aux plateformes immobilières.

Pour l'immobilier, même constat.

  • SeLoger est spécialisé dans l'immobilier.

  • Bien'ici également.

  • PAP s'est quant à lui construit autour de la transaction immobilière entre particuliers.

Leboncoin conserve évidemment une audience considérable dans l'immobilier...

Mais là encore : pourquoi se limiter à un seul site ?

Lorsqu'on vend un bien à plusieurs dizaines ou centaines de milliers d'euros, multiplier les canaux de diffusion peut être beaucoup plus pertinent que de chercher à rester fidèle à une seule plateforme.

Un smartphone ou un ordinateur ? Regardez le reconditionné.

Pour l'électronique, Back Market est devenu un acteur incontournable du marché du reconditionné. Son fonctionnement est différent de celui de Leboncoin : il ne s'agit pas simplement de mettre en relation deux particuliers.

Mais pour celui qui souhaite acheter un smartphone, un ordinateur, une tablette ou une console de seconde main, le reconditionné constitue désormais une véritable alternative au marché traditionnel de l'occasion.

Et n'oublions pas eBay

On pourrait croire qu'eBay appartient à une autre époque.

Ce serait une erreur.

La plateforme vient justement de revoir très fortement son modèle tarifaire pour les particuliers en Europe.

Depuis septembre 2026, un particulier disposant d'une adresse dans l'Espace économique européen peut créer jusqu'à 150 annonces gratuitement par mois et eBay indique ne plus facturer de frais de transaction aux vendeurs particuliers dans le cadre de son nouveau régime, sous réserve des exceptions et options prévues.

eBay redevient donc un acteur à regarder attentivement, notamment pour les objets facilement expédiables, les produits de collection ou les biens susceptibles d'intéresser des acheteurs au-delà du marché local.

La concurrence existe, Encore faut-il l'utiliser.

Et les bijoux ?

C'est précisément dans ce contexte que HARRISSON prépare une nouvelle plateforme consacrée aux bijoux de seconde main.

Pourquoi ?

Parce qu'un bijou n'est pas un objet tout à fait comme les autres.

Une chaîne en or, une bague, un bracelet ou une paire de boucles d'oreilles possède une valeur qui peut dépendre du poids, du titre de l'or, de la fabrication, de l'état, de la marque, des pierres et bien évidemment de la valeur intrinsèque du métal précieux.

Pourtant, les bijoux de seconde main sont encore largement dispersés entre des plateformes généralistes qui ne sont pas nécessairement conçues pour leurs spécificités.

HARRISSON souhaite donc développer un espace spécialisé permettant de faciliter la mise en relation entre particuliers autour de la bijouterie de seconde main.

L'objectif est simple : créer une plateforme pensée pour les bijoux, plutôt que de demander aux bijoux de s'adapter à une plateforme généraliste.

Le véritable pouvoir est entre les mains des utilisateurs

Le plus important dans cette histoire n'est finalement peut-être pas Leboncoin. C'est nous: Vendeurs, acheteurs, particuliers, professionnels. Pendant longtemps, Leboncoin a été tellement dominant que nous avons fini par oublier que nous avions le choix. Mais le marché évolue. Vinted se développe. eBay change son modèle. Les plateformes spécialisées se renforcent. De nouveaux acteurs apparaissent. Et chaque fois qu'un vendeur choisit une autre plateforme, il rappelle une chose essentielle : aucune plateforme n'est propriétaire de notre marché.

Leboncoin a parfaitement le droit de chercher à maximiser ses revenus. Nous avons parfaitement le droit de chercher à maximiser ce que nous gagnons en vendant nos objets. Alors, faut-il quitter Leboncoin ? Peut-être pas définitivement.

Mais faut-il continuer à y aller systématiquement, comme si aucune alternative n'existait ? Là, la réponse semble beaucoup plus évidente. Comparez les plateformes. Publiez ailleurs. Faites jouer la concurrence.

Et surtout, ne laissez pas l'habitude décider à votre place. Car au bout du compte, la meilleure façon de faire pression sur une plateforme qui augmente sa monétisation n'est pas forcément de se plaindre de ses tarifs.

C'est parfois simplement… d'aller voir ailleurs.

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