Analyse du Cours de l'Or 18 Carats - 26 au 30 Octobre 2026
Armand Moss


Cours de l’or : une semaine du 26 au 30 octobre 2026 marquée par une forte chute du métal jaune
Une once d’or qui perd brutalement du terrain
La semaine du 26 au 30 octobre 2026 aura été particulièrement difficile pour le marché de l’or. Après avoir tenté de se stabiliser en début de semaine, le métal jaune a finalement subi une nouvelle vague de ventes, qui s'est considérablement accélérée vendredi.
Alors que l'or était parvenu à repasser au-dessus des 4 000 dollars l'once en début de semaine, il a brutalement décroché lors de la dernière séance.
Vendredi 30 octobre, l'once d'or au comptant est tombée aux alentours de 3 881 dollars, touchant son plus bas niveau depuis octobre 2025. La chute a atteint environ 3,5 % sur la seule journée selon les cotations rapportées par Reuters.
Sur l'ensemble de la semaine, le métal précieux a perdu environ 3 % de sa valeur, prolongeant ainsi une correction déjà importante depuis le début du mois d'octobre.
Le mouvement est d'autant plus significatif que l'or avait atteint des niveaux particulièrement élevés en début d'année. Le métal jaune se retrouve désormais très éloigné de ses précédents sommets, dans un contexte où les investisseurs reconsidèrent leurs anticipations concernant l'inflation et la politique monétaire américaine.
Cette nouvelle correction montre que même dans un environnement international incertain, l'or n'est pas à l'abri de mouvements de ventes particulièrement violents.
Pourquoi le cours de l'or a-t-il autant chuté ?
Plusieurs facteurs se sont combinés pour provoquer cette nouvelle baisse.
Le premier concerne les anticipations de politique monétaire américaine.
Depuis plusieurs semaines, les investisseurs s'inquiètent de la persistance de l'inflation aux États-Unis. La remontée des prix de l'énergie, combinée à la résistance de l'activité économique américaine, complique le travail de la Réserve fédérale.
Le raisonnement des marchés est relativement simple : si l'inflation reste élevée, la Fed pourrait être contrainte de maintenir des taux d'intérêt élevés plus longtemps, voire de procéder à un nouveau relèvement de ses taux directeurs.
Or, l'or ne verse aucun intérêt. Lorsque les placements obligataires deviennent plus rémunérateurs, le coût d'opportunité de la détention d'or augmente.
Cette situation rend le métal précieux moins attractif pour une partie des investisseurs, notamment ceux qui arbitrent leurs placements en fonction des rendements financiers.
La remontée des anticipations de taux a donc constitué un premier élément défavorable au cours de l'or.
La Fed maintient ses taux, mais le message reste préoccupant
Mercredi 28 octobre, la Réserve fédérale américaine a décidé de maintenir ses taux directeurs dans une fourchette comprise entre 3,75 % et 4 %.
Cette décision était globalement anticipée par les marchés.
Cependant, le vote n'a pas été unanime : deux membres du comité monétaire, Lisa Cook et Beth Hammack, ont défendu une hausse supplémentaire de 0,25 point.
Cette opposition est particulièrement intéressante pour comprendre les inquiétudes des investisseurs.
Elle montre que les responsables monétaires américains restent divisés sur la conduite à tenir face à une inflation qui demeure trop élevée.
La Fed a également relevé son appréciation de la situation économique américaine, estimant désormais que l'activité progressait à un rythme soutenu.
Autrement dit, l'économie américaine reste suffisamment solide pour que la banque centrale puisse envisager de poursuivre sa politique restrictive si les pressions inflationnistes persistent.
Pour les investisseurs sur l'or, cette perspective est défavorable.
La possibilité d'une nouvelle hausse des taux en décembre a notamment continué d'alimenter les anticipations des marchés.
La réunion de mercredi n'a donc pas apporté le soulagement que certains investisseurs pouvaient espérer.
Au contraire, les désaccords au sein de la Fed et son discours prudent ont entretenu l'incertitude sur les prochains mois.
Le pétrole et les inquiétudes inflationnistes pèsent sur le métal jaune
Un autre élément a contribué à fragiliser le marché de l'or : la remontée des prix du pétrole.
Les tensions géopolitiques et les inquiétudes concernant l'approvisionnement énergétique ont entraîné une nouvelle progression des cours du brut.
Le marché surveille notamment les risques de perturbation du transport maritime et des approvisionnements dans la région du Moyen-Orient.
Cette situation est importante pour l'or, car une hausse durable des prix de l'énergie peut alimenter l'inflation.
Lorsque le pétrole devient plus cher, les coûts de transport, de production et de distribution peuvent également augmenter.
Les banques centrales doivent alors redoubler de vigilance pour éviter que cette inflation énergétique ne se diffuse à l'ensemble de l'économie.
Le problème pour le marché de l'or est que cette situation peut paradoxalement devenir défavorable au métal précieux.
L'or est traditionnellement considéré comme une protection contre l'inflation. Pourtant, lorsque cette inflation pousse les banques centrales à maintenir des taux élevés ou à les relever, l'effet négatif des taux peut prendre le dessus.
C'est précisément ce mécanisme qui a contribué à fragiliser le cours de l'or au cours de cette semaine.
La chute des valeurs technologiques provoque une nouvelle vague de ventes
L'un des événements les plus importants de la semaine est survenu vendredi 30 octobre.
Les marchés financiers ont été secoués par une importante correction des valeurs technologiques américaines.
Les investisseurs ont notamment commencé à remettre en question la rentabilité des investissements massifs réalisés dans l'intelligence artificielle, après plusieurs publications de résultats et perspectives jugées décevantes.
Cette correction a provoqué une dégradation du sentiment de marché et une vague de ventes sur plusieurs catégories d'actifs.
L'or, qui avait pourtant conservé une certaine résistance en début de semaine, a été directement touché.
Ce phénomène peut sembler surprenant : en période de tensions boursières, le métal jaune est habituellement recherché pour son statut de valeur refuge.
Mais les marchés financiers ne fonctionnent pas toujours de manière aussi mécanique.
Lorsque les pertes deviennent importantes sur les marchés actions, certains investisseurs peuvent être contraints de vendre leurs positions les plus liquides, y compris leurs positions sur l'or, afin de couvrir leurs pertes ou de répondre à des appels de marge.
Ces ventes forcées peuvent amplifier les mouvements de baisse.
C'est l'une des explications avancées par les analystes pour comprendre la violence de la correction enregistrée vendredi.
Le métal jaune a ainsi été entraîné dans une vague de dégagements qui a également touché l'argent, le platine et le palladium.
L'argent a notamment subi une correction encore plus importante que celle de l'or, repassant sous les 50 dollars l'once.
Cette situation montre que les investisseurs ne cherchent pas systématiquement à se réfugier dans les métaux précieux lorsque les marchés actions reculent.
Dans certaines phases de stress financier, ils peuvent au contraire réduire leur exposition à l'ensemble de ces actifs.
Le dollar et les taux américains restent sous surveillance
Le comportement du dollar américain constitue également un élément essentiel pour comprendre les mouvements de l'or.
Le métal jaune étant coté en dollars, une appréciation du billet vert peut exercer une pression sur son cours.
Un dollar plus fort rend en effet l'or plus coûteux pour les investisseurs qui utilisent d'autres devises.
Mais au-delà de cet effet mécanique, ce sont surtout les anticipations concernant les taux américains qui préoccupent actuellement les investisseurs.
Si les marchés estiment que la Fed devra maintenir une politique monétaire restrictive plus longtemps que prévu, les placements rémunérés en dollars peuvent devenir plus attractifs.
Cette perspective réduit l'intérêt relatif de l'or.
La semaine du 26 au 30 octobre a donc illustré une nouvelle fois la sensibilité du métal précieux aux anticipations monétaires américaines.
Il faudra notamment surveiller les prochaines statistiques d'inflation et d'emploi, qui pourraient modifier les anticipations concernant la réunion de décembre de la Réserve fédérale.
Les banques centrales peuvent-elles amortir la baisse ?
Malgré cette forte correction, tous les éléments structurels du marché de l'or ne sont pas devenus défavorables.
Les banques centrales continuent notamment de considérer le métal précieux comme un instrument important de diversification de leurs réserves.
Contrairement aux investisseurs spéculatifs, qui peuvent modifier rapidement leurs positions en fonction des mouvements de marché, les banques centrales inscrivent généralement leurs achats d'or dans une stratégie de long terme.
Cette demande constitue donc un soutien potentiel pour le marché.
Les niveaux inférieurs à 4 000 dollars l'once pourraient notamment susciter un regain d'intérêt de la part de certains acheteurs institutionnels.
Cependant, il serait prématuré de considérer que cette demande suffira à provoquer immédiatement un retournement haussier.
Les investisseurs doivent encore composer avec plusieurs facteurs défavorables : les incertitudes inflationnistes, les anticipations de taux américains élevés et la possibilité de nouvelles ventes forcées sur les marchés financiers.
Le comportement des banques centrales sera donc particulièrement intéressant à suivre dans les prochaines semaines.
Et pour l'or 18 carats ?
Pour les particuliers qui possèdent des bijoux en or, la baisse du cours international se répercute directement sur la valeur du métal contenu dans ces pièces.
Vendredi 30 octobre, le fixing PM de Londres ressortait à environ 112,72 euros par gramme d'or pur.
L'or 18 carats étant composé à 75 % d'or pur, la valeur théorique du métal contenu dans un gramme d'or 18 carats s'établissait donc autour de :
112,72 € × 75 % = 84,54 € par gramme.
Cela représente une référence importante pour comprendre la valeur intrinsèque des bijoux en or 18 carats sur le marché français.
La baisse du cours de l'or entraîne mécaniquement une diminution de cette valeur théorique.
Il faut toutefois bien distinguer cette référence du prix réellement payé pour un bijou.
Pour donner un ordre de grandeur au marché français, plusieurs niveaux de prix peuvent être distingués :
75 à 80 €/g : niveau pouvant correspondre à un rachat à la casse ou à une offre de professionnel intégrant une marge importante ;
84 à 85 €/g : valeur théorique du métal contenu dans l'or 18 carats au cours de marché ;
90 à 100 €/g : niveau pouvant constituer une opportunité intéressante pour un bijou d'occasion vendu entre particuliers, selon son état et son attractivité ;
100 à 110 €/g : niveau pouvant se justifier chez un professionnel, notamment avec contrôle, garantie et service associé ;
110 €/g et plus : prix pouvant être cohérent pour certaines pièces bénéficiant d'une valeur joaillière, d'une marque, d'une rareté ou d'une forte demande.
Ces niveaux restent naturellement indicatifs et ne constituent pas des tarifs de rachat ou de vente garantis.
Le prix d'un bijou ne dépend pas uniquement de son poids en or.
La marque, le modèle, l'état, la qualité de fabrication, la rareté ou encore la demande pour une pièce particulière peuvent représenter une valeur supplémentaire par rapport à sa simple valeur de fonte.
Il est donc important de ne pas confondre la baisse du cours de l'or avec une diminution strictement identique de la valeur de tous les bijoux en or 18 carats.
Que retenir pour les prochains jours ?
La semaine du 26 au 30 octobre 2026 aura finalement été marquée par une nouvelle dégradation du marché de l'or.
Après avoir tenté de se stabiliser au-dessus des 4 000 dollars l'once en début de semaine, le métal jaune a terminé vendredi autour de 3 881 dollars, après une chute particulièrement importante lors de la dernière séance.
La correction hebdomadaire atteint environ 3 % sur le marché au comptant.
Le principal enseignement est que l'or traverse actuellement une phase de marché beaucoup plus fragile qu'auparavant.
Plusieurs facteurs se cumulent : les anticipations de nouvelles hausses de taux aux États-Unis, les inquiétudes inflationnistes liées à l'énergie et les ventes forcées provoquées par les turbulences sur les marchés financiers.
Pour les prochains jours, trois éléments seront particulièrement importants :
L'évolution du pétrole : une nouvelle hausse des prix de l'énergie pourrait renforcer les inquiétudes inflationnistes et compliquer la tâche de la Fed.
Les anticipations de politique monétaire américaine : les investisseurs surveilleront les prochaines statistiques économiques afin d'évaluer la probabilité d'une nouvelle hausse des taux en décembre.
Le comportement des marchés financiers : une poursuite de la correction des valeurs technologiques pourrait provoquer de nouvelles ventes forcées sur les métaux précieux.
Les investisseurs surveilleront également les prochaines données américaines sur l'emploi, notamment le rapport mensuel attendu le vendredi 6 novembre.
La question est désormais de savoir si le passage sous les 4 000 dollars l'once va attirer de nouveaux acheteurs ou si le marché doit encore traverser une phase de correction supplémentaire.
Après plusieurs mois de forte progression, l'or semble en tout cas entrer dans une période de réajustement importante.
Cette baisse rappelle que le métal jaune, malgré son statut historique de valeur refuge, reste un actif financier soumis à des mouvements de volatilité parfois considérables.
Pour les particuliers, cette correction représente également un changement important dans la valorisation des bijoux en or 18 carats. Le prix du métal contenu dans les bijoux a diminué, ce qui nécessite d'adapter les références de prix au nouveau contexte du marché.
Chez HARRISSON, nous suivons quotidiennement l'évolution du cours de l'or afin d'adapter nos prix de bijoux en or 18 carats d'occasion aux conditions réelles du marché.


